À la suite de l’article sur notre collègue retraité, Minnig Klaus, paru dans la newsletter du mois de juin 2020, c’est au tour de notre ancien chef de l’Aéroport, Pierre-Alain Rouiller, de nous raconter comment se passe sa retraite. Après plus de 36 ans de service, Pierre-Alain a pris sa retraite au printemps 2012. Ayant passablement voyagé dans le cadre des refoulements pour la Police Cantonale Valaisanne, il a décidé de continuer la découverte du monde, à bord d’un voilier…

Anne-Brigitte et Pierre-Alain à Vero Beach en Floride

Pierre-Alain, raconte-nous toutes les merveilles que tu as découvertes à bord de ton voilier depuis ton départ à la retraite.

En fait, j’ai commencé à naviguer bien avant de prendre ma retraite. Au départ, je me suis fait la main sur le lac Léman puis j’ai passé mon permis mer en 1995. Quelques années plus tard, je suis devenu Skipper 1 du CCS (Cruising Club Suisse), club organisateur de croisières et organe officiel suisse pour la délivrance des permis mer.  

Depuis, avec mon épouse nous avons découvert beaucoup d’endroits paradisiaques à bord d’un voilier de 1989, restauré et mis aux normes helvétiques (pavillon suisse), pour pouvoir naviguer sur les eaux hauturières en sécurité.

Après quelques petites escapades en Méditerranée entre Sète et Cassis, notre premier périple a commencé à Port St-Louis dans les Bouches du Rhône, dès la fin de mon activité professionnelle. Nous avons mis le cap en direction de la Grèce en passant par les littoraux français et italiens puis via le détroit de Messine, nous avons rejoint Corfou, île ionienne de Grèce. Nous nous sommes dirigés ensuite vers la mer Egée en empruntant le célèbre canal de Corinthe. En ces eaux, nous avons visité de nombreuses îles des Cyclades, la plupart du temps avec un scooter de location. Au mois de septembre, après 6 mois passés entre terre et mer et des navigations en Turquie voisine, nous avons laissé le bateau dans une marina sur l’ile de Leros.

Au printemps 2013, nous avons récupéré « StarshipAnnie », notre voilier, et avons découvert la patrie des Hellènes plus intensivement en naviguant dans le Dodécanèse, les Sporades Est, les Sporades du Nord et le Péloponnèse.

En été 2014, nous avons orienté nos voiles vers les îles Canaries et pour nous y rendre, nous sommes passés par Messine, la Sardaigne, les Iles Baléares, la côte espagnole orientale, puis nous avons franchi le détroit de Gibraltar et mis le cap vers Rabat au Maroc, avant de rejoindre Lanzarote.

En novembre 2014, en compagnie de trois copains navigateurs, nous avons traversé l’océan atlantique en direction du Port du Marin en Martinique. Pour cette transat de 2’800 milles nautiques (5’185.60 kms), nous avons navigué une vingtaine de jours dans les alizés en se relayant la barre 24 heures sur 24. Quelques petits problèmes techniques ont pimenté cette traversée mais la destination en valait la peine.

Nos épouses nous ont rejoints sur place où nous sommes restés quelques jours pour récupérer de la traversée. Puis, avec ma femme, nous avons navigué durant 4 mois dans les Petites Antilles. Nous avons découvert la Guadeloupe, la Dominique, Marie-Galante, Les Saintes, Sainte-Lucie, les Grenadines, Cariacou, Grenade.

Les trois hivers suivants, nous avons bourlingué sous le soleil des Caraïbes avant de prendre la direction de la Floride durant l’hiver 2016/2017 en accostant ou en mouillant devant pas moins de 32 îles, notamment St-Martin, St-Barthélémy, les Iles Vierges, Puerto Rico et les Bahamas. Durant ces trois ans, nous n’avons pas connu d’hivers véritables car nous passions l’été en Suisse et en hiver nous étions sous ces latitudes chaudes.

Cette dernière croisière reste une des plus belles de nos périples car les paysages découverts étaient grandioses et variés. Nous avons réalisé cette navigation vers le Nord en compagnie d’un couple de Québécois navigant sur un voilier quasi identique nommé « Leeloo ». Entré en Floride à Fort Pierce, nous avons parcouru une voie d’eau intérieure célèbre, l’ICW (Intra Coastal Waterway), jusqu’à Jacksonville.

En mai 2018, nous avons retraversé l’Atlantique Nord pour ramener le bateau en Europe. Ce fut une longue et difficile transat tant les conditions météorologiques furent « musclées ». Nous avons amarré notre voilier à la Corogne en Espagne après avoir fait escale aux Bermudes et aux Açores. Dans cette ville, nous avons vendu « StarshipAnnie ».

En résumé, j’ai parcouru 28’978 milles nautiques en mer, soit 53’667 kilomètres, l’équivalent d’un joli tour du monde.

Quelles sont tes plus beaux et tes plus marquants souvenirs de ces nombreux voyages ?

Je me rappelle entre autres cette énorme baleine croisée au large de Fort-de-France/Guadeloupe. Elle évoluait très près du voilier et nous avons été surpris de sa proximité et surtout de sa taille. Nous avions l’habitude d’observer des dauphins, des poissons volants et des tortues, mais cette baleine si proche nous a vraiment impressionnés. Cette expérience était aussi stressante que belle à la fois.

Il y a aussi de moins bons souvenirs notamment les forts coups de vent à gérer, les grains imprévus ou les vents catabatiques qui nous ont valu quelques nuits blanches à surveiller la tenue de l’ancre.  

Autre fait marquant, ce bateau voisin du nôtre qui prenait l’eau depuis plusieurs mois et qui a coulé une nuit de novembre. Fort heureusement, son propriétaire qui vivait normalement à bord se trouvait à terre lors de l’événement. Nous avons été très soulagés de le voir arriver au petit jour, dans un canot, bien vivant.

Depuis votre retour en 2018, as-tu continué à voyager ?

Oui, mais maintenant nous continuons nos déplacements sur terre ferme à bord d’un camping-car récemment acquis. Nous avons déjà découvert une grande partie de l’Europe du Nord avant de séjourner quelques semaines en Espagne et au Portugal l’hiver passé, peu avant le Covid-19 ! Il nous est arrivé aussi de louer un voilier en mer pour une quinzaine de jours.

Comment passes-tu tes journées lorsque tu ne voyages pas ?

J’ai toujours été passionné par le sport en général. Je fais un peu de fitness et du vélo. Je fais partie du club cycliste « Les Copains de la Petite Reine » à Sion. Je roule quelques milliers de kilomètres par année.

Sinon, je joue régulièrement au bridge et résous des sudokus par plaisir et pour entretenir la mémoire. J’apprécie également passer du temps avec ma famille et avec mes amis.  

Merci Pierre-Alain pour cet entretien qui nous a fait voyager dans les quatre coins du monde. Nous te souhaitons, ainsi qu’à ta famille, plein de succès pour la suite.

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