Le responsable du groupe avalanche de la section des dangers naturels du canton du Valais, Pascal Stoebener nous en dit davantage sur le « risque blanc ».

Quelques mots sur votre parcours professionnel

Après avoir terminé mes études d’ingénieur forestier à l’EPFZ en 1992, j’ai été engagé par un bureau privé de la région de Martigny. Comme nous étions un petit bureau, j’ai pu réaliser des projets touchant à tous les domaines de la profession, projets sylvicoles, routes forestières et surtout pas mal de projets de protection contre les dangers naturels. Grâce à l’expérience acquise, j’ai donc été engagé en 2002 par le Chef de la section danger naturels d’alors, Charly Wuilloud comme adjoint. J’ai pu profiter de sa formidable expérience pendant 10 ans, soit jusqu’en 2012, date à laquelle je lui ai succédé comme chef de section à son départ à la retraite.

En 2018, tous les dangers naturels ont été réunis au sein de notre service, sous la direction de Raphaël Mayoraz. Je suis actuellement son adjoint et responsable du groupe avalanches

Quelles sont vos activités-terrain ?

La tâche principale de notre groupe avalanches, que je dirige, est d’accompagner les communes dans la mise en place de mesures de protection non seulement contre les avalanches, mais également contre les chutes de pierres et les instabilités de terrain. Nous les conseillons au niveau technique et administratif et nous nous occupons de faire subventionner ces mesures par le canton et la Confédération. Nous gérons donc le budget cantonal pour les ouvrages de protection et nous assurons qu’il soit utilisé à bon escient. Nous travaillons avec un budget de 15 à 20 millions par an.

En cas de situations météorologiques préoccupantes, nous faisons la coordination avec les observateurs régionaux, l’institut de recherche sur la neige et les avalanches (SLF) et au besoin conseillons les communes concernées sur les mesures à prendre

Une anecdote liée à vos activités professionnelles ?

Un hiver nous avons été effectué des mesures dans les ouvrages paravalanches de la région du Catogne avec un collègue. Nous étions au milieu des paravalanches, en train d’effectuer des mesures de hauteur de neige pour mettre en place des ouvrages à vent l’année suivante. Malgré un danger d’avalanche marqué et plusieurs signaux d’avertissement (bruits de fissures caractéristiques ou voum), nous nous sentions en sécurité au milieu des ouvrages normalement construits pour éviter le déclenchement d’avalanche. Soudain, tout le versant s’est décroché au milieu des ouvrages provoquant une énorme avalanche. Par chance, j’étais à ce moment sur une arête, en dehors de la zone de rupture, mais mon collègue lui a été emporté. Je l’ai rapidement perdu de vue sous une cassure de pente et étant donné la taille de l’avalanche, j’étais sûr que s’en était fini pour lui. Je l’ai finalement retrouvé quelques dizaines de mètres plus bas, empêtré dans un filet paravalanche mais indemne !Cela m’a fait réaliser que nos mesures de protection ne sont pas une garantie absolue de sécurité et que même si nous nous efforçons de protéger au mieux la population du canton contre les dangers naturels, il faut toujours rester très prudent avant de modifier une carte de danger après la construction d’ouvrages…Et aussi que le danger d’avalanche n’est pas une science exacte !


Cet article fait parti du dossier Sécurité en hiver