Psychologues au sein de la Police cantonale valaisanne

Le 1er décembre 2021, deux psychologues ont été engagées au sein de la Police cantonale valaisanne. Leurs objectifs ? Soutenir les agents, les écouter, et leur permettre de mener à bien leur travail dans les meilleures conditions possibles. Rencontres...

Interview

Carine Clivaz Varone

Jouons les psys : parle-nous de ton enfance ! 

J’ai eu une enfance assez « classique », étant l’ainée d’une fratrie de 3. Mes parents vous diraient probablement que j’étais rebelle à l’adolescence et je ne pourrai pas leur donner tort. Sans grande conviction, je suis allée au collège étudier le latin dans l’idée de faire romancière ou prof de littérature. Je crois que ce qui me plaisait plus que d’étudier c’était d’écouter les histoires de cœur et les problèmes de mes camarades de classe.

Quelle a été ta formation par la suite ?

J’ai hésité entre la psychologie et… une école de police. Cependant, me sentant peu à l’aise avec une arme dans les mains, j’ai préféré choisir la première option. Mais comme j’avais tout de même cet intérêt pour le milieu policier qui demeurait, en 1993, mon diplôme universitaire en poche, j’ai envoyé ma première lettre de postulation au Commandant Geiger qui a probablement dû trouver ma démarche quelque peu étrange. Rapidement, j’ai décroché un poste de psychologue auprès de l’office cantonal AI du Valais où, pendant 28 ans, j’ai accompagné des personnes atteintes dans leur santé afin qu’elles puissent s’intégrer socialement grâce à une formation et un emploi.

Comme j’adore apprendre, j’ai effectué en parallèle une spécialisation en psychologie d’urgence et ai été durant plusieurs années, la présidente de l’Association Valaisanne des Psychologues d’Urgence. Ma toute première intervention m’a permis de collaborer avec l’actuel lieutenant-colonel Vuigner. C’est lui, le premier, qui m’a parlé de la Cellule de négociation qui cherchait alors une psychologue pour une éventuelle collaboration. Par ailleurs, depuis 2006, je forme des aspirants à Savatan et, depuis 2009, je travaillais sous mandat pour la PCVS pour la négo, le débriefing…

Les livres, l'un des passe-temps favori de Carine

Qu’espères-tu trouver au sein de la Police cantonale ?

J’espère trouver un contexte différent de celui auquel j’ai été confronté dans mon job antérieur. Avant, je m’occupais de gens atteints dans leur santé. Dans mon poste actuel, je veux réfléchir à la manière dont on peut améliorer le quotidien de gens qui vont plutôt bien.

Qu’espères-tu amener aux membres de notre Corps de police ?

Avec le temps, je me sens plus attirée par les principes de la psychologie positive qui vise l’épanouissement et le bien-être des individus. Ce n’est pas parce que les gens vont bien qu’on ne peut pas leur donner des idées pour aller encore mieux. Cela me tient d’autant plus à cœur que la PCVS a permis à mon second fils d’effectuer une excellente formation d’informaticien et que j’ai ainsi envie, à ma façon, de remercier tous ceux qui se sont investis pour lui.

Un message que tu aimerais faire passer à tous tes collègues ?

Les psychologues n’ont pas la faculté de lire dans vos pensées ou de deviner tout sur vous. N’hésitez pas à le vérifier par vous-mêmes en venant partager un café avec moi.

Merci Carine de t’être ainsi présentée et bon vent à toi pour la suite de ta carrière parmi nous !

Interview

Seraphina Zurbriggen

Jouons les psys : parle-nous de ton enfance ! 

J’ai grandi au bord du lac de Zurich et j’aime donc être dans et au bord de l’eau depuis mon enfance. Après l’école primaire, je suis allée à l’école abbatiale d’Einsiedeln pendant deux ans, puis j’ai rejoint le lycée public Liceo Artistico de Zurich, où nous avions beaucoup de cours d’italien et différentes matières artistiques chaque semaine. Depuis, la peinture, le dessin et la photographie font partie de mes hobbies, tout comme le fait d’être dehors dans la nature et les montagnes, ici en Valais. Dans l’ensemble, j’ai eu une enfance bien protégée, comme on dit, au cours de laquelle j’ai pu suivre mes intérêts et mes capacités. Dans ma famille, il était naturel que les femmes et les hommes travaillent, ce qui était inhabituel en Suisse à l’époque de mon enfance. C’est pourquoi je suis toujours partisane de la répartition des tâches professionnelles et familiales.

Quelle a été ta formation par la suite ?

J’ai étudié la psychologie à l’université de Zurich, où j’ai obtenu un doctorat en psychologie de la décision en 2009. J’ai ensuite pu accompagner différents projets en tant que collaboratrice scientifique : par exemple à l’Université de Lugano sur les différences linguistiques et culturelles dans la perception du mal de dos ou à l’Université de Lausanne sur les compétences linguistiques des demandeurs d’emploi dans les différentes régions linguistiques de Suisse. Depuis 2013, je travaille en tant que psychologue indépendante dans les domaines du coaching, de la supervision et de la psychologie d’urgence en Valais. En tant que psychologue d’urgence certifiée, je travaille depuis 2019 sur mandat auprès de la Police dans la cellule CENEGO et le groupe de débriefing et depuis 2021 également dans la sélection des aspirants. Depuis le 1er janvier 2021, j’ai maintenant un emploi fixe à 20% à la Police cantonale valaisanne.

Qu’espères-tu trouver au sein de la Police cantonale ?

Jusqu’à présent, j’ai rencontré beaucoup de personnes très engagées et passionnantes au sein de la Police cantonale valaisanne. Travailler avec ces personnes et leurs expériences me réjouit beaucoup et m’apprend énormément de choses. J’aime également développer de nouveaux projets, les mettre en œuvre et les évaluer de manière critique. C’est pourquoi ce poste de psychologue de la police nouvellement créé m’attire.  Je pense qu’il y a un potentiel de développement pour la professionnalisation des aspects psychologiques dans le travail de la police et j’espère pouvoir contribuer à ce changement.

Qu’espères-tu amener aux membres de notre Corps de police ?

J’aimerais transmettre les connaissances théoriques et pratiques de la psychologie que j’ai acquises au cours des dernières années : dans le cadre d’entretiens personnels, de conseils pratiques ou de formations continues. Un sujet qui m’intéresse particulièrement est la prise de décision. Dans ce domaine, il existe de nombreux résultats de recherche qui, à mon avis, peuvent beaucoup contribuer à différencier les perceptions individuelles et à définir de bons processus de décision.

Un message que tu aimerais faire passer à tous tes collègues ?

Je souhaite que dans la police, mais aussi dans la société, il devienne de plus en plus évident que les contraintes physiques et psychiques peuvent être communiquées. Car pour moi, « communiquer » signifie partager une charge avec quelqu’un, comme le dit l’expression « partager le fardeau » : Une souffrance partagée est une demi-souffrance. Si l’on peut parler de ces contraintes avec quelqu’un et en examiner les raisons de manière différenciée, c’est déjà un premier pas vers la préservation de la santé physique et psychique.

Merci Seraphina de t’être ainsi présentée et bon vent à toi pour la suite de ta carrière parmi nous !

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