Dans le cadre du projet de la centrale unique regroupant la Police cantonale valaisanne et différents partenaires des organisations de secours, nous avons rencontré l’architecte cantonal, Philippe Venetz.

Philippe Venetz

Interview

Architecte cantonal

Philippe Venetz, vous êtes l’architecte cantonal depuis le 1.3.2015. Comment avez-vous accédé à ce poste ?

J’ai achevé mes études en architecture avant de travailler durant 4 ans à la restauration du château de Valère. Parallèlement, je soumettais ma candidature à plusieurs concours d’architecture. Après avoir gagné mon premier concours, je me suis mis à mon compte avec un associé. Mon bureau a prospéré 18 ans durant et il comptait alors 11 collaborateurs.

L’histoire de mon accession au poste d’architecte cantonal est assez anecdotique : je n’avais jamais imaginé postuler un jour pour travailler dans une institution. Mon esprit libre me l’interdisait. Je côtoyais à l’époque régulièrement mon prédécesseur lors des vernissages de concours d’architecture et nous échangions sur son travail et cela ne m’a jamais fait envie… Puis j’ai lu une annonce de l’Etat du Valais qui recherchait son nouvel architecte cantonal. Je me souviens parfaitement de ce moment car je buvais un café chez moi accompagné de mon chat ! J’ai envoyé ma candidature. Pour moi, cette postulation n’avait pas été préméditée. A la base, c’était plus une postulation-test qu’autre chose. J’avais, durant quelques années, milité à la mise en place d’association qui portaient un regard critique sur le travail de l’Etat ce qui me laissait penser que ma candidature ne serait sûrement pas retenue. Suite à deux entretiens successifs devant un collège de 7 personnes, le chef du Département m’a téléphoné le 24 décembre pour m’informer qu’il allait proposer ma candidature comme futur architecte cantonal… un bien beau cadeau de Noël.

Quelles sont vos tâches / Quel est votre rôle au niveau étatique ?

En résumé, je suis chargé de construire toutes les infrastructures de l’Etat. Je m’occupe de l’entretien, de la gérance et des locations du parc immobilier, qui compte quelque 550 bâtiments. Mon service regroupe également le patrimoine bâti (monuments et sites) et l’archéologie.

Je suis également responsable, au niveau stratégique, des locaux mis à disposition du personnel étatique. Par exemple, qui placer dans quels locaux ? Quels bâtiments faut-il rénover en priorité ?

Je parle à la première personne du singulier, mais il s’agit bien évidemment de l’entier de mon service et de mes collaborateurs.
Je préside également la plupart des concours d’architecture mise en postulation par l’Etat.

Depuis quand parle-t-on de ce projet de centrale unique ?

Cela remonte à au moins 10 ans. A l’époque, le Conseil d’Etat avait déjà proposé 3 variantes.

En avril 2015, j’ai été invité à une première séance pour relancer le projet « 117-144 ». Le Commandant Varone présidait cette rencontre. Je lui ai proposé une seule et unique variante, que je résumais ainsi : « Tous ensemble » ! Cette idée a plu. Nous avons ensuite mandaté un architecte et effectué des recherches sur 6 sites différents, avant de trouver enfin l’endroit idéal pour accueillir la future centrale : Noës.
Le concours a ensuite été lancé à la fin du mois de mars de cette année. Le jugement a eu lieu et le lauréat est connu.

Ce projet englobe quels partenaires ?

La future centrale réunira l’OCVS (Organisation Cantonale Valaisanne des Secours), la Police cantonale valaisanne, l’OCC (Organe Cantonal de Conduite) et les ambulances de Sierre. Pour la Police cantonale, cela concerne la Centrale d’engagement ainsi que l’unité mobile.

Quels problèmes / Difficultés rencontre-t-on lors de l’avancement d’un tel projet ?

Au départ, la plus grande difficulté était de réussir à faire venir toutes les personnes concernées autour de la même table, mais aussi et surtout qu’elles s’accordent. Toutes les personnes impliquées ont pu exprimer leurs vœux. Par conséquent, il n’y a aucun problème actuellement.

Comment se présentera ce nouveau bâtiment ?

Le programme est vaste. Les éléments clés sont les centrales d’engagement et la salle de commandement. A côté de cela prendront place une multitude de locaux comme des bureaux, des salles d’audition, cafétéria, garage pour les véhicules d’intervention, etc.
Je précise ici que le bâtiment est appelé « lifeline », ce qui signifie qu’il répond aux plus hautes exigences au niveau parasismique. Même en cas de tremblement de terre important, il résistera, ce qui permettra à cette centrale de poursuivre sa mission première de coordination des secours en cas de catastrophes majeures.

Où en est ce projet actuellement ?

Comme déjà expliqué, le jugement du concours a eu lieu. Le projet sera ensuite développé, les devis seront établis et le tout sera validé par le Grand Conseil. Nous espérons le début des travaux de construction pour la fin de l’année 2020, ce qui permettrait à la future centrale d’être opérationnelle en début d’année 2023.